C'était la 1ère hier soir...
« C'est plein de disputes, un bonheur » Jean Anouilh
« J'ai survécu à pas mal de colères. Je les ai remplacées par de l'amour. La vie n'est qu'une longue guérison ». Sean Penn
A vous enfants d’Antigone, C'était hier soir, hier soir, quand l’ombre des visages est apparue dans l’obscurité de la salle... le cœur a retenti de la passion nouvelle des âmes...Le silence a bu les bruits doux des corps qui battent. Une virgule au sens profond de la ponctuation a demandé le souffle et le mot. Ils sont venus ! Les lèvres, chemins intimes de nos sens, se sont tournées vers l’impossible résolution, celle qui fait de nous des sourires brillants posés sur le carcan de la joie.Rien de plus inquiet que le regard qui ne sait pas…mais tout aussi savoureux fut ce vide puissant, happant et nécessaire.La bille cristal de nos enfances, a brillé au dessus des songes les plus chers, la lumière fut offerte. Rien ne s'est dérobé…Et le talent jaillit du sol de cette scène. A.P
Paroles de visiteurs du soir...
"Je sors du spectacle. Un vraiment beau spectacle avec une Antigone
époustouflante, une mise en scène très réussie, un Philippe Carré
excellent taillé en Robert de Niro et un texte au scalpel. Vraiment
content d'avoir passé cette soirée avec toi et la troupe, vraiment
content de connaître maintenant cette pièce d'Anouilh que je voulais
connaître depuis longtemps."
Avec : Pierre Créchet, Johnny Pires, Julie Vanherpe, Laëtitia Chevet, Claude Massot, Yvette Chevet, Philippe Carré, Clément Bonneau, Cédric Da Cunha, Nicolas Pichon, Pascal Brun.
Pour tracer notre propre chemin, nous sommes amenés à faire des choix et donc parfois, voire souvent, à renoncer, à étouffer, à trahir nos rêves d’enfant ou nos désirs profonds afin de devenir ce que l’on attend de nous (ou que nous croyons que l’on attend de nous), pour jouer le rôle que l’on nous assigne (ou que nous croyons que l’on nous assigne) et dans lequel nous nous installons au risque du bonheur ourlé par la société.
C’est ce qu’a fait Créon qui assume un pouvoir dont il ne voulait pas, mais qui lui est échu, et qu’il exerce en despote. C’est plus ou moins ce que feront tous les autres, même si certains réagiront alors qu’il sera trop tard. C’est ce que refusera Antigone, malgré ses doutes bien humains, pour qui toute concession sera une compromission. Elle va rester fidèle à son père Œdipe en obéissant à ce dont elle croit vraiment et non à la loi du tyran. Antigone n’est pas victime, elle est déterminée, même si son choix va lui coûter la vie. Elle n’est jamais faible et ne se lamente pas sur son sort. Son destin est celui qu’elle s’assigne. C’est elle qui décide, enfin. Reste le jeune Page dont nous ne savons pas encore s’il sera le fils de substitution de Créon ou l’héritier d’Antigone.
Pierrick Bonneau
