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samedi 28 avril 2012

Article NR Langeais


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Kader : un intense moment d'émotion

28/04/2012 05:34
L'amour familial ne peut rien contre la souffrance née de la différence.
L'amour familial ne peut rien contre la souffrance née de la différence.
Jean-Pierre Cannet m'a offert l'essentiel, à moi de lui rendre, confie Abel Pires, le metteur en scène d'Yvon Kader, « Des oreilles à la lune », la pièce présentée samedi en l'église Saint Laurent.
Un pari totalement réussi. En témoignent les commentaires de spectatrices émues aux larmes d'avoir littéralement été pendant une heure cet enfant différent et sa souffrance. Symbiose du public et d'un personnage devenue possible grâce à celle des trois composants du spectacle.
L'histoire de cet enfant trisomique racontée dans un texte aux formules incongrues mais tellement vraies qu'elles déclenchent parfois des rires, traduit un insondable mal être« maman reprends moi, corrige ton brouillon… je suis la terreur de ma vie ».
La mise en scène est simple mais suggestive comme ces ombres qui passent et murmurent en coulisses derrière un tulle ; fantômes bien réels des autres qui rejettent la différence. Comme ce choix d'un Yvon récitant « présent de son passé », de la difficulté de trouver une position, même pour dormir, comme dans la vie.
Les acteurs, une famille sobrement triste, un Julien Gachot, le copain Riroux du centre médico psycho pédagogique, seul vrai complice, et un Sylvain Galène qui « vit » Yvon.
Un monologue magnifique
La pièce constitue presque un long monologue qu'il porte magnifiquement, constamment sur le fil sans jamais tomber dans l'outrance. Il est la joie puis le désespoir d'un amour impossible, la terreur d'un stage en supermarché, le révolté de la commisération qui écrit au Père Laden pour demander une ceinture de dynamite pour Noël…
Et n'oublions pas les compositions musicales d'Alison Pires, discrètes et elles aussi en harmonie.
Dans la salle comble, du beau monde avec les pros Jean-Louis Dumont, Maria-Teresa Amaral et un Richard Petitsigne heureux de voir que « ses p'tits jeunes de l'atelier théâtre » du centre social sont parvenus, avec les acteurs de Coucou la Fourmi, à faire se lever la salle.

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